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(reprise de la veille)
Washington (awp/afp) - Laisser l'économie américaine se heurter au "mur budgétaire" provoquerait aux Etats-Unis, et probablement au-delà, une nouvelle catastrophe, que les élus américains semblent désormais déterminés à éviter.
L'image du "mur budgétaire" désigne les hausses d'impôts et baisses de dépenses publiques qui entreront en vigueur automatiquement début janvier à moins d'un accord exprès entre le président Barack Obama et les élus démocrates et républicains du Congrès pour l'éviter.
En cas contraire, les dépenses de l'Etat fédéral pour l'exercice budgétaire 2013, commencé le 1er octobre, seraient réduites de 109 milliards de dollars.
Les hausses d'impôts frapperaient toute la population. Selon le Tax Policy Center, organisme de recherche indépendant sur les questions de politique fiscale, les prélèvements augmenteraient de 20% pour tous, engendrant un coût supplémentaire de 2.000 dollars par an pour les ménages de la classe moyenne.
Les économistes redoutent que la hausse brutale des impôts pénalise la consommation des Américains et que, conjugué à une réduction drastique des dépenses publiques, cela n'entraîne une chute de la demande intérieure.
La banque centrale américaine (Fed) prévient depuis plusieurs mois qu'elle n'aura pas les moyens d'empêcher dans ce cas l'économie de retomber dans la récession, alors que le pays ne s'est toujours pas remis de la précédente, qui l'a frappé de décembre 2007 à juin 2009.
Selon les dernières estimations du Bureau du budget du Congrès (CBO), publiées au début du mois, le "mur budgétaire" ferait reculer le PIB américain de 0,5% en 2013, et entraînerait une remontée du chômage à 9,1% l'an prochain (contre 7,9% aujourd'hui).
Professeur d'économie à l'Université du Maryland, Peter Morici juge ce scénario bien optimiste. Selon lui, les conséquences du "mur budgétaire" pourraient s'avérer "désastreuses": "envolée du chômage au-dessus de 15%, effondrement financier des Etats fédérés, défaillances en série d'emprunteurs immobiliers, et faillites de centaines de banques".
EVITER L'IRRÉPARABLE
Notant que la possibilité d'une brusque contraction budgétaire aux Etats-Unis n'est "qu'un événement parmi d'autres" susceptibles de se produire à l'échelle mondiale, les analystes du cabinet IHS Global Insight craignent que, s'il se matérialise, le "mur budgétaire" ne se combine à une détérioration de la situation en Europe, un net ralentissement de la croissance chinoise et une nouvelle poussée des prix du pétrole du fait des tensions au Proche et au Moyen-Orient pour produire un "scénario du pire".
Le PIB américain chuterait alors de 1,7% en 2013. Mais dans ce cas de figure, notent-ils, les Etats-Unis s'en sortiraient mieux que d'autres pays comme l'Italie ou l'Espagne, où le recul économique pourrait dépasser 4%.
Selon le CBO, la cure de rigueur budgétaire forcée prévue par la législation actuelle ramènerait le déficit à 4,0% du PIB en 2013, contre 7,6% en 2012.
Pour l'ancien député républicain Bill Frenzel, aujourd'hui chercheur invité à la Brookings Institution de Washington, cette politique ne serait bonne "que pour ceux qui aiment les récessions et le chômage" et les "hommes politiques responsables auront à coeur de l'éviter à tout prix".
Son souhait semble avoir été entendu. M. Obama et les dirigeants républicains et démocrates de la Chambre ont tous dit leur volonté d'éviter que l'irréparable se produise, et de négocier un compromis permettant d'amender la loi en conséquence.
ds
Bruxelles (awp/afp) - La zone euro n'est pas parvenue dans la nuit de mardi à mercredi à un accord ouvrant la voie à un déblocage d'une aide financière pour la Grèce, et les ministres des Finances se réuniront de nouveau lundi, a annoncé l'Eurogroupe après plus de 11 heures de discussions.
Se disant "un peu déçu" par cet échec, le chef de file de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a estimé qu'un accord serait "possible lundi". "Nous sommes tout près d'un accord mais il n'a pas été possible aujourd'hui".
Tokyo (awp/afp) - La balance commerciale du Japon a enregistré en octobre l'un de ses pires déficits depuis plus de 30 ans, à cause d'un repli des exportations freinées par le ralentissement économique mondial et des tensions persistantes avec la Chine.