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s il y a la meme manipulation pour les retraites ça doit chiffrer lourd

 

 

 

Daouda (1) est arrivé à Lyon courant 2012, via l’Espagne. Son premier geste a été de se signaler auprès du conseil général. En affirmant être mineur isolé, ce Congolais a pu bénéficier, comme l’oblige la loi, d’une prise en charge immédiate dans un foyer et s’éviter d’être reconduit à la frontière. Mais après une enquête minutieuse, une expertise osseuse et une présentation au tribunal, il s’est avéré que Daouda n’est pas un adolescent comme il le prétend… mais plutôt un majeur âgé d’une trentaine d’années. 30 % de fraude sur les 280 dossiers étudiés en 2012 Une problématique en phase d’expansion dans l’agglomération depuis le début de l’année dernière. Depuis septembre, deux à trois faux mineurs, venant majoritairement d’Afrique noire (Congo, Cameroun, Angola), sont présentés chaque semaine en comparution immédiate. Ces personnes, munies le plus souvent de faux actes de naissance, sont âgées pour la plupart de 25 à 35 ans. Pour contrer ce phénomène, qui coûte cher au contribuable (lire ci-contre), et qui peut priver un véritable mineur isolé d’une place d’hébergement, les pouvoirs publics ont pris le problème à bras-le-corps. La Police aux frontières (PAF), systématiquement saisie pour enquêter lorsqu’il y a un doute sur un mineur aidé, a créé un service d’enquête spécialisé à l’automne 2011, sous l’autorité, notamment, du commandant Patrick Maurin. Son rôle, après saisie du parquet de Lyon, est d’enquêter sur l’âge réel d’un mineur placé. Car il ne s’agit pas seulement de se faire un avis d’après une apparence physique. Les enquêtes sont sensibles et chronophages, avec des investigations techniques (lire ci-dessus) et des recherches à l’étranger. Les policiers peuvent aussi s’appuyer sur l’expertise osseuse pratiquée à l’Institut de médecine légale de Lyon, qui vise à déterminer la tranche d’âge d’une personne. Si elle n’est pas obligatoire, peu de suspects la refusent. « Nous utilisons un scanner de la clavicule gauche, c’est une technique récente qui ne laisse qu’une place minime au doute, d’autant que plusieurs experts étudient le cas à chaque fois. Et quand il y a un doute, ce doute profite au mineur », explique le professeur Daniel Malicier, directeur de l’Institut de médecine légale de Lyon. En 2012, la PAF a traité environ 280 dossiers de mineurs suspects. 30 % de ces dossiers étaient des fraudes. « C’est un phénomène qui ne diminue pas et qui nous occupe beaucoup, même si une grosse partie du travail d’enquête confirme la minorité du suspect », note le commissaire divisionnaire William Marion, directeur Rhône-Alpes/Auvergne de la PAF. (1) Prénom d’emprunt Xavier Alloy

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