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PORTLAND, Oregon, 16 mai (Reuters) - Les "bonnes nouvelles" sur le front de l'emploi pourraient amener à Réserve fédérale américaine à ralentir ses rachats d'actifs dès cet été puis à y mettre un terme en fin d'année, a affirmé jeudi un responsable de la banque centrale.
Selon le texte d'un discours devant être prononcé à un déjeuner organisé par le Portland Business Journal, John Williams, président de la Fed de San Francisco, a fait état d'une amélioration "considérable" du marché du travail.
Si elle devait se confirmer, "nous pourrions réduire le rythme de nos rachats d'actifs, peut-être dès cet été", a-t-il ajouté avant d'évoquer un arrêt éventuel du programme en fin d'année.
Ses déclarations ont suscité un mouvement de prises de bénéfice à Wall Street, où l'indice Dow Jones a fini en baisse de 0,28% tandis que le Standard & Poor's 500 cédait 0,50%.
La Fed rachète actuellement des obligations d'Etat et des titres hypothécaires au rythme de 85 milliards de dollars par mois afin de maintenir les taux longs à un niveau bas et stimuler ainsi la croissance et l'emploi.
La banque centrale, qui tient sa prochaine réunion monétaire les 18 et 19 juin, s'est engagée à maintenir sa politique d'assouplissement quantitatif (QE3) jusqu'à une amélioration substantielle du marché de l'emploi.
John Williams, qui n'a pas de droit de vote au comité de politique monétaire cette année, a dit prévoir une croissance de 2,5% environ cette année, puis de 3,5% en 2014, avec un taux de chômage qui serait à environ 7,5% fin 2013 puis passerait sous 7% l'an prochain.
Selon lui, le chômage ne reculera pas sous 6,5% - objectif retenu par la Fed pour retirer le dispositif du QE3 - avant la mi-2015.
LES FAUCONS EN FORCE
D'autres responsables de la Fed, "faucons" notoires, ont à nouveau émis jeudi des réserves sur la politique monétaire.
"Nous pouvons à juste titre proclamer notre victoire sur le front de l'immobilier et (réduire) nos rachats d'actifs avec en ligne de mire la fin de l'année pour l'arrêt complet du programme", a ainsi déclaré Richard Fisher, le président de la Fed de Dallas, devant l'Association nationale des économistes d'entreprises (Nabe).
Charles Plosser, le président de la Fed de Philadelphie, et Jeffrey Lacker, son homologue de Richmond, ont tenu des propos semblables mais ce sont les déclarations de John Williams qui ont retenu l'attention dans la mesure où il avait jusqu'ici estimé que le QE3 devrait être poursuivi au deuxième semestre 2013.
Le patron de la Fed de San Francisco a dit être d'avis que la Fed réduise d'abord ses achats d'obligations du Trésor, laissant entendre qu'il était favorable à la poursuite de rachats de titres hypothécaires.
L'économie américaine a enregistré une croissance de 2,5% au premier trimestre, après une fin d'année 2012 difficile, mais le taux de chômage reste élevé à 7,5%, même si cela marque une nette amélioration par rapport au pic de 10% atteint pendant la crise.
Ben Bernanke, le président de la Fed, et une majorité de membres votants du conseil de politique monétaire ont jusqu'ici été d'avis de maintenir le pied sur l'accélérateur en arguant de la fragilité de la reprise et de la faiblesse de l'inflation, confirmées d'ailleurs par les indicateurs américains de ce jeudi - inscriptions hebdomadaires au chômage plus nombreuses qu'attendu, contraction de l'activité industrielle dans la région de Philadephie en mai, recul des mises en chantier en avril et taux d'inflation à 1,1%, loin de l'objectif de 2% de la banque centrale.